Réglementation et obligations en copropriété | Guides et conseils

Locations type Airbnb en copropriété : une interdiction désormais facilitée

📅 30/03/2026 🕘 11 min de lecture Judeximmo Conseil

Interdire Airbnb copropriété devient une vraie question de gouvernance pour de nombreux immeubles confrontés aux locations touristiques de courte durée. Entrées incessantes, bruit, boîtes à clés, badges qui circulent, dégradations, sentiment d’hôtelisation : lorsqu’un lot devient un meublé touristique permanent, l’équilibre de la copropriété peut rapidement se tendre.

Avec la loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, les copropriétés disposent désormais de nouveaux outils pour encadrer les locations de type Airbnb, Booking ou Abritel. Mais attention : tout n’est pas permis, et l’interdiction ne se décrète pas au détour d’une discussion de palier. Il faut vérifier le règlement de copropriété, la destination de l’immeuble, les règles de majorité et la situation exacte du lot concerné.

L’enjeu est donc simple : savoir dans quels cas une copropriété peut interdire Airbnb, comment sécuriser juridiquement la décision, et que faire lorsqu’un copropriétaire transforme son logement en location touristique sans respecter les règles.

Pourquoi Airbnb crée des tensions en copropriété ?

La location touristique courte durée n’est pas automatiquement problématique. Un propriétaire peut louer ponctuellement son logement dans un cadre légal et sans trouble particulier. Le problème apparaît lorsque l’usage du lot change réellement de nature : rotation permanente d’occupants, nuisances répétées, troubles dans les parties communes et impression que l’immeuble devient une résidence hôtelière déguisée.

Les tensions les plus fréquentes concernent :

  • les arrivées tardives et départs matinaux ;
  • les nuisances sonores ;
  • les fêtes ou occupations excessives ;
  • la circulation de badges, clés ou codes d’accès ;
  • les dégradations dans les parties communes ;
  • les poubelles mal gérées ;
  • la sécurité de l’immeuble ;
  • la perte de tranquillité pour les résidents permanents.

Dans un immeuble d’habitation familiale ou bourgeoise, ces nuisances peuvent vite devenir explosives. La copropriété n’est pas un hall d’hôtel, et la cage d’escalier n’a pas vocation à devenir une réception sans réceptionniste.

Peut-on interdire Airbnb dans une copropriété ?

Oui, mais sous conditions. La réponse dépend principalement du règlement de copropriété et de la destination de l’immeuble. Une copropriété ne peut pas interdire n’importe quelle location de manière arbitraire. Elle doit s’appuyer sur des règles juridiques solides.

Le point central est la destination de l’immeuble. Si le règlement prévoit une destination exclusivement bourgeoise ou interdit les activités commerciales, la location touristique intensive peut être incompatible avec cette destination. À l’inverse, si le règlement autorise expressément les activités commerciales ou para-hôtelières, l’interdiction sera plus délicate.

La location meublée touristique est souvent analysée comme une activité distincte de la simple location d’habitation, surtout lorsqu’elle est répétée, organisée et destinée à une clientèle de passage.

Avant toute décision, il faut donc relire le règlement, analyser la clause d’habitation, vérifier les usages admis et mesurer le niveau de trouble réellement constaté.

Pour approfondir ce point, consultez notre article sur le règlement de copropriété conforme.

Interdire Airbnb en copropriété : que change la loi en 2026 ?

La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a renforcé les outils de régulation des meublés de tourisme. Ses effets se déploient progressivement, avec plusieurs conséquences importantes pour les copropriétés.

D’abord, les nouveaux règlements de copropriété doivent indiquer explicitement si la location en meublé de tourisme est autorisée ou interdite. Cela réduit l’incertitude juridique pour les immeubles nouvellement soumis au statut de la copropriété.

Ensuite, dans certaines copropriétés existantes, l’interdiction peut être votée plus facilement qu’auparavant. Lorsque le règlement contient une clause d’habitation bourgeoise et n’autorise pas les activités commerciales, l’assemblée générale peut voter une modification visant à interdire les meublés touristiques selon les règles prévues par la loi.

Enfin, le copropriétaire ou l’occupant qui met un lot en meublé de tourisme doit informer le syndic. Celui-ci doit ensuite porter l’information à la connaissance de l’assemblée générale.

Cette évolution change la logique : la location touristique ne reste plus un sujet invisible entre le propriétaire et la plateforme. Elle devient un sujet de copropriété.

Le règlement de copropriété est-il suffisant pour interdire Airbnb ?

Le règlement de copropriété est la pièce centrale. Il faut y rechercher plusieurs éléments :

  • la destination de l’immeuble ;
  • l’existence d’une clause d’habitation bourgeoise ;
  • l’autorisation ou l’interdiction des activités commerciales ;
  • les règles relatives aux nuisances ;
  • les usages autorisés dans les lots ;
  • les clauses relatives aux professions libérales ;
  • les restrictions d’usage des parties communes.

Une clause d’habitation bourgeoise exclusive est généralement plus restrictive qu’une clause d’habitation bourgeoise simple. La première vise souvent à réserver l’immeuble à l’habitation. La seconde peut tolérer certaines activités, notamment libérales, lorsqu’elles ne troublent pas la destination de l’immeuble.

Mais prudence : la rédaction exacte compte énormément. Deux règlements peuvent utiliser des termes proches et produire des effets différents. Une décision d’interdiction mal fondée peut être contestée par le copropriétaire concerné.

Un audit préalable du règlement est donc fortement recommandé avant de soumettre une résolution à l’assemblée générale.

Quelle majorité pour interdire Airbnb en copropriété ?

Depuis la loi Le Meur, l’interdiction des meublés de tourisme peut, dans certaines copropriétés, être votée à la majorité prévue par l’article 26 de la loi de 1965, soit une majorité renforcée des copropriétaires.

Cette faculté concerne principalement les copropriétés dont le règlement contient une clause d’habitation bourgeoise et interdit déjà les activités commerciales. Elle ne permet pas de bouleverser librement tous les règlements de copropriété sans tenir compte des droits existants.

Il faut donc éviter deux erreurs :

  • croire qu’une majorité simple suffit toujours ;
  • croire qu’Airbnb est toujours intouchable en copropriété.

La vraie réponse est dans le règlement, la destination de l’immeuble, la nature de la location et la majorité applicable.

Pour bien sécuriser le vote, consultez notre guide sur les majorités en copropriété : articles 24, 25 et 26.

Quel est le rôle du syndic face aux locations Airbnb ?

Le syndic n’a pas vocation à surveiller les plateformes de location touristique comme un agent secret avec badge Vigik. En revanche, il doit faire respecter le règlement de copropriété, exécuter les décisions d’assemblée générale et informer les copropriétaires lorsque la loi l’impose.

Lorsqu’un copropriétaire informe le syndic d’une mise en location touristique, cette information doit être portée à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Le syndic peut aussi alerter le conseil syndical si des troubles sont signalés.

En cas de nuisances, le syndic peut intervenir par étapes :

  • rappel au règlement de copropriété ;
  • mise en demeure du copropriétaire ;
  • demande de justificatifs ;
  • inscription d’un point à l’ordre du jour ;
  • autorisation d’agir en justice si nécessaire.

Le conseil syndical a également un rôle important dans la remontée des faits, la collecte des éléments et le suivi des demandes. Voir notre article sur le rôle du conseil syndical.

Que faire en cas de location Airbnb abusive ?

Face à une location touristique abusive, il faut éviter les réactions improvisées. La bonne stratégie consiste à documenter les faits, vérifier les règles applicables puis agir méthodiquement.

Les copropriétaires peuvent notamment réunir :

  • captures d’annonces en ligne ;
  • constats de nuisances ;
  • témoignages ;
  • mains courantes ou plaintes si nécessaire ;
  • photographies de dégradations ;
  • copies des échanges avec le syndic ;
  • références au règlement de copropriété.

Si les troubles sont répétés, la copropriété peut agir sur plusieurs fondements : violation du règlement de copropriété, non-respect de la destination de l’immeuble, trouble anormal de voisinage ou non-respect des règles administratives applicables aux meublés touristiques.

Le point important : il ne suffit pas de dire “il y a du Airbnb”. Il faut démontrer ce qui pose problème juridiquement : activité interdite, nuisance réelle, trouble répété, non-respect du règlement ou absence d’autorisation administrative.

Peut-on interdire la location de sa résidence principale ?

La résidence principale bénéficie d’un régime particulier. En principe, un propriétaire peut louer ponctuellement sa résidence principale dans la limite légale applicable, sous réserve des règles locales, des obligations déclaratives et du règlement de copropriété.

Mais si la location devient répétée, intensive ou génératrice de troubles, la copropriété peut réagir. Le règlement de copropriété reste déterminant, notamment lorsque l’immeuble est destiné à l’habitation et que l’activité touristique perturbe la tranquillité collective.

Il faut aussi vérifier les règles municipales. Certaines communes peuvent renforcer les obligations, réduire la durée maximale de location ou imposer un enregistrement spécifique.

Comment rédiger une résolution pour encadrer ou interdire Airbnb ?

Une résolution d’assemblée générale doit être précise. Elle ne doit pas se limiter à une formule générale du type “on interdit Airbnb”. Une telle rédaction peut être fragile.

Il faut idéalement préciser :

  • le fondement juridique ;
  • la clause du règlement concernée ;
  • la nature des locations visées ;
  • les lots concernés ;
  • la majorité applicable ;
  • les conséquences sur le règlement de copropriété ;
  • les formalités de publication si nécessaire.

Une résolution mal préparée peut être contestée. En cas de doute, mieux vaut réaliser un audit du règlement avant l’assemblée générale.

Pour comprendre les risques liés aux décisions mal sécurisées, consultez notre article sur l’annulation d’une assemblée générale de copropriété.

Pourquoi réaliser un audit avant d’interdire Airbnb en copropriété ?

L’audit permet d’éviter de voter une interdiction fragile. Il consiste à analyser le règlement de copropriété, la destination de l’immeuble, les usages existants, les éventuelles clauses commerciales, les décisions d’assemblée générale antérieures et les troubles constatés.

Il permet aussi de choisir la bonne stratégie :

  • interdiction formelle des meublés touristiques ;
  • encadrement des locations courte durée ;
  • action contre un copropriétaire précis ;
  • mise à jour du règlement ;
  • rappel général aux copropriétaires ;
  • action judiciaire en cas de trouble.

Pour une analyse plus large de la gestion de l’immeuble, voir notre article sur l’audit syndic.

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JUDEXIMMO Conseil accompagne les copropriétaires, conseils syndicaux et professionnels de l’immobilier dans l’analyse des règlements de copropriété, des décisions d’assemblée générale et des situations de location touristique conflictuelles.

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FAQ : interdire Airbnb en copropriété

Peut-on interdire Airbnb dans une copropriété ?

Oui, sous conditions. Il faut analyser le règlement de copropriété, la destination de l’immeuble, les clauses d’habitation bourgeoise et la majorité applicable en assemblée générale.

Quelle majorité faut-il pour interdire Airbnb ?

Dans certaines copropriétés, l’interdiction peut être votée à la majorité de l’article 26, notamment lorsque le règlement contient une clause d’habitation bourgeoise et interdit les activités commerciales.

Le syndic doit-il être informé d’une location Airbnb ?

Oui. Le copropriétaire ou l’occupant qui loue en meublé de tourisme doit informer le syndic, qui doit ensuite porter cette information à la connaissance de l’assemblée générale.

Le règlement de copropriété suffit-il à interdire les locations touristiques ?

Cela dépend de sa rédaction. Une clause d’habitation bourgeoise ou une interdiction des activités commerciales peut être déterminante, mais chaque règlement doit être analysé précisément.

Que faire en cas de nuisances causées par un Airbnb ?

Il faut documenter les troubles, alerter le syndic, réunir les preuves, vérifier le règlement et envisager une mise en demeure ou une action judiciaire si les nuisances persistent.

Peut-on louer sa résidence principale sur Airbnb ?

Oui, sous réserve du respect des règles légales, des règles locales, des obligations déclaratives et du règlement de copropriété. La location ne doit pas créer de trouble ni violer la destination de l’immeuble.

À retenir

Interdire Airbnb en copropriété est possible, mais seulement avec méthode. Le règlement de copropriété, la destination de l’immeuble, la majorité applicable et les règles issues de la loi Le Meur doivent être analysés avant toute décision.

Le bon réflexe : ne pas improviser une interdiction en assemblée générale. Il faut auditer le règlement, documenter les troubles, préparer une résolution solide et sécuriser le vote. Sinon, l’immeuble risque simplement de remplacer les nuisances Airbnb par un contentieux de copropriété. Ambiance différente, mais sommeil toujours compliqué.